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Anis, un artiste français d’origines russo-marocaine, aborde entre autres les thèmes de la banlieue et le fait d’être issu de l’immigration. 

“Nos parents viennent de biens beaux endroits” 

A travers ce morceau il aborde le deblé, c’est à dire “le bled” le pays d’origine de l’un de ses parents. “Le bled” est un terme qui vient de l’arabe, qui signifie “pays”.

Le deblé m’appelle, m’intrigue, m’inspire, me fait peur autant qu’il m’attire!

Ce mot a une signification toute particulière lorsqu’il est prononcé par un immigré ou bien une personne issue de l’immigration. C’est le pays que l’on visite une fois par an ou une fois dans une vie, pour retrouver les membres d’une famille que l’on connait si mal, et que l’on voit si rarement.

Celui qui est issu de l’immigration ressent souvent de la culpabilité parce qu’il ne connait pas ce pays dont il est originaire et dont il se sent si proche à certains moment et si loin à d’autres.

Je refais le trajet à l’envers khouya

Quoi de plus désagréable que d’être considéré comme un étranger par le pays où se trouvent nos racines? On renvoie sans cesse l’immigré à ses origines, à ses traditions importées et pourtant quand il veut “retourner aux sources” il est parfois confronté à l’incompréhension ou à l’envie de la part des habitants de ce pays.

J’aimerai tellement savoir parler mais la langue n’est pas une barrière au contraire, j’apprendrai; cette frustration je veux l oublier, que les goûts de là bas me soient familiers, que quand j’y sois, je ne sois pas trop grillé mais plus un lointain cousin un peu métissé, de passage venu se ressourcer…

La visite du pays d’origine reste tout de même un grand moment qui laisse des traces pendant plusieurs mois. Elle rapproche celui qui s’était éloigné, elle dissipe les doutes, elle permet de répondre à certaines questions, elle permet à celui qui était perdu de confirmer son attachement que ce soit à son pays d’origine ou à son pays de naissance. Enfin elle adoucit la frustration et le mal être inhérents au fait d’être issu de l’immigration et d’être victime d’un choix que l’on aurait peut être pas fait , celui de partir.

Le peu dont je me souviens c’est qu’on pleure toujours au moins une fois quand on y va, ça soulage ou ça fait mal selon les cas. C’est pourquoi t’as fait tout ça, en gros t’avais pas trop le choix, même si c’est compliqué alors t’a bougé, t’as fait ta vie et c’est ici qu’on est né, mais il y a des saveurs qui ont du te manquer. Anis

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